Edgar Cayce, un médium guérisseur par David Kouroghlian

Un petit d’homme peu banal

Edgar Cayce vit le jour le 18 mars 1877 dans une ferme du Kentucky, non loin de Hopkinsville, au sein de laquelle la principale lecture indiquée était la Bible.
Dès sa prime enfance, il se singularisa par des dons parapsychiques. Doué de double vue, il jouait avec des camarades que nul autre que lui ne voyait. Adolescent, il fit l’étonnante rencontre d’un être merveilleux (un ange ?) qui l’aborda et auquel il forma le vœu d’aider les siens, et notamment, les enfants malades. Enfin, pour couronner le tout, c’est en s’endormant sur ses livres de classe qu’il les mémorisait parfaitement, numéros de page compris !
Cette suite d’évènements ravivèrent à ses parents le souvenir du grand-père sourcier qui localisait les puits comme par magie, à l’aide d’une branche de noisetier fourchue et qui faisait danser tables, chaises et balais.

Un paysan sans histoire

Cayce quitta le collège hâtivement et travailla à la ferme de la grand-mère paternelle. Il lut les saintes Ecritures jusqu’à plus soif et médita sur le bien et le mal. La poésie pastorale l’entourait de toutes parts, émaillé de fleurs, traversé de ruisseaux et d’ondes positives.
Atteignant l’âge adulte, il aspira à devenir pasteur et à fonder une famille, ce que le destin approuvera en partie. Il devint employé dans un librairie et se fiança à dix-sept ans avec Gertrude Evans qui lui donnera deux fils.

Tournant du siècle et du destin

Le dix-neuvième siècle finissant se jeta dans le second millénaire après avoir vu Cayce devenir agent d’assurances. Les rentrées d’argent devenant moins aléatoires et fluctuantes, le projet de mariage devint plus évident. Mais c’était sans compter un imprévu de taille : Cayce perdit l’usage de sa voix aussitôt après avoir absorbé un sédatif. Les traitements prescrits par la profession médicale s’avèreront inopérants. Tenu alors de mettre la main sur un autre travail ne nécessitant guère de parler, il trouva un emploi d’apprenti dans un studio photographique de Hopkinsville.

L’arrivée en ville de Hart, hypnotiseur ambulant, commença à éclairer la voie où allait s’engager Cayce. Quand Hart l’endormit artificiellement, il parvint à lui faire récupérer sa voix. Mais quand notre malade se réveillait, celui-ci n’avait guère retenu subconsciemment l’information selon laquelle il devait aussi retrouver la parole à l’état de veille. L’ hypnotiseur opéra d’autres tentatives, mais en vain.

Le « prophète endormi »

Un ami de Cayce lui proposa de s’auto-hypnotiser afin de déceler la raison d’être de son handicap, ce qu’il fit sans tarder. Il recouvra sa voix et constata que l’état dans lequel il avait plongé était similaire à celui où, naguère, il s’endormait sur ses livres.

Cayce tira la conclusion que l’hypnose était un procédé thérapeutique pouvant réaliser d’autres prodiges, et que si cela avait marché sur lui, sans nul doute cela réussirait-il sur d’autres.

Il donna d’autres lectures psychiques pour des personnes cherchant des remèdes que les médecins n’avaient su prescrire. Invariablement, il s’allongeait sur le divan, croisait ses mains au niveau du plexus solaire et entrait en transe. Le patient communiquait son nom et son adresse, posait sa question, et Cayce apportait les solutions. Celles-ci pouvaient être à base d’homéopathie, de thalassothérapie ou d’électrothérapie, disciplines inconnues de lui-même et ignorées de presque tous d’ailleurs à cette époque. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Cayce se sentit moralement obligé de répondre aux demandes de plus en plus importantes, et dut se résoudre à renoncer en partie à assouvir sa passion pour le métier de photographe.

Karmas et réincarnations

Un beau jour, un riche imprimeur du nom de Arthur Lammers commanda une lecture consistant à lui tirer son horoscope. Cayce analysa la carte du ciel du visiteur comme si l’astrologie n’avait jamais comporté aucun mystère pour lui ; il corrigea même la manière dont les astrologues déchiffraient un thème astral : la lecture porta sur le contenu karmique de l’astrologie inférant une dimension réincarnationniste. Lammers avait déjà un certain nombre de vies à son actif, son âme revêtant un nouveau corps à chaque incarnation terrestre.

Au réveil du guérisseur, l’assistante de Lammers lui fit relire les notes de la lecture qu’elle avait consignées, et Cayce tomba des nues. Le concept de la réincarnation n’existait pas dans la Bible. Décidant de pousser plus loin la consultation, il donna une autre lecture, et celle-ci lui apprit qu’il avait déjà rencontré Lammers du temps de la guerre de Troie !

Après cette séance, Cayce entreprit de relire entièrement la Bible sous le point de vue de la réincarnation. Il en fut bouleversé. Le Livre Saint regorgeait d’allusions et d’allégories karmiques ; les évocations y figuraient en grand nombre : commença alors pour Cayce une révolution spirituelle qui n’aurait de cesse de le perturber au début, et qui finirait par élargir son horizon religieux au cours des ans. Le karma, loi universelle de cause à effet, expliquait le bonheur ou le malheur des uns et des autres. Selon l’explication du médium, ce que chacun faisait de bien ou de mal, le récoltait inévitablement dans sa vie présente ou dans une autre vie. C’était l’effet boomerang « œil pour œil, dent pour dent » de l’Ancien Testament.

D’autres consultants apprirent qu’ils avaient été courtisans, Atlantes, Perses ou musiciens dans l’Egypte Ancienne, dans une vie antérieure. A ces derniers, il leur recommandait chaudement d’exploiter à nouveau leurs dons, car les énergies harmonieuses qui seraient alors émises sur le plan terrestre les gratifieraient d’un équilibre et d’un enrichissement certains.

Quand on lui demanda comment il obtenait sous hypnose toutes ces informations, il répondit qu’il accédait aux archives akashiques, sorte de bibliothèque localisée sur le plan astral où étaient enregistrées tous les évènements, pensées et actions de toutes les âmes depuis leurs origines.

Les demandes de lecture psychique redoublèrent. Et la santé du grand médium guérisseur commença à se détériorer quand il décida de s’imposer un rythme soutenu de six lectures quotidiennes au lieu des deux accordées auparavant.

Sa dernière lecture date du 17 septembre 1944.

Il s’éteignit le 3 janvier 1945 à l’âge de 67 ans.

Il avait annoncé qu’il se réincarnerait en 1998 et vers 2100, mais pour vivre d’autres aventures.

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